Identification électronique en 2028 : La fin du vol libre (ou pas) ?

Dernièrement, à l’atterro ou dans les navettes, un sujet revient en boucle et fait grincer quelques dents : l’obligation prochaine de s’équiper d’un système d’identification numérique pour nos parapentes d’ici 2028.

Si tu fais partie de ceux qui volent pour débrancher, l’idée de devoir embarquer un mouchard électronique ou de porter un transpondeur lourd et coûteux a de quoi irriter. Pourtant, quand on creuse un peu la réglementation de l’EASA (l’Agence européenne de la sécurité aérienne), la réalité est beaucoup plus pragmatique et rassurante. On fait le point ensemble.

Vue depuis le cockpit d'un parapente expliquant l'obligation d'identification numérique en espace E face aux drones, et l'exemption en espace G.

Pourquoi 2028 ? Le défi des drones « aveugles »

L’enjeu principal de cette nouvelle réglementation ne vient pas de l’aviation classique, mais de ce qu’on appelle l’U-Space. D’ici quelques années, l’espace aérien va devoir faire de la place aux drones autonomes (livraison, surveillance, agriculture).

Le problème technique est simple : un pilote de drone à 50 km de là, ou une intelligence artificielle, n’a pas tes yeux. Ils sont visuellement aveugles. Pour éviter qu’un drone autonome ne vienne cisailler ton cône de suspentage ou impacter ton bord d’attaque, le système a besoin de « voir » ton parapente électroniquement. C’est l’unique but de cette identification numérique.

La bonne nouvelle pour le marche et vol

Est-ce que ça veut dire que tu devras allumer un instrument à chaque plouf ? Absolument pas. Cette obligation de visibilité électronique (e-conspicuity) visera principalement l’espace E (l’espace contrôlé où l’on est tolérés en VFR). Dans l’espace G (l’espace non contrôlé près du relief, là où l’on fait 80% de nos vols après une rando), cette identification ne sera pas obligatoire. Si tu pars léger pour un marche et vol après le boulot, tu pourras laisser ton vario de 150g à la maison. L’esprit du vol libre reste intact.

FANET, FLARM, ADS-L : Décodage technique

Si tu décides de partir crosser et donc de voler en espace E, il faudra que ton instrument parle la bonne langue. Voici un récapitulatif pour comprendre ce qui émet, vers qui, et pourquoi.

  • FANET & FLARM (FANET+) : Le FANET, c’est notre réseau à nous. Il sert à voir où enroule le copain et à choper la balise météo du prochain sommet. Le module FLARM (souvent couplé sous l’appellation FANET+) est aujourd’hui indispensable si tu voles dans des zones à forte densité de planeurs ou d’hélicoptères de secours. Il crie « je suis là » aux autres aéronefs.
  • L’ADS-L, c’est quoi ? C’est la version légère (Light) de l’ADS-B utilisé par les gros avions de ligne. L’EASA a compris qu’on n’allait pas embarquer des batteries de moto pour alimenter des transpondeurs en vol libre. L’ADS-L émet sur les mêmes fréquences libres (868 MHz) que le FANET/FLARM. C’est un standard ouvert qui permet aux systèmes U-Space (les fameux drones) de te capter.

S’équiper sans se tromper : Matériel et Subventions

Vue sur le vario FLARM ADS-L XC Tracer Maxx III
XC Tracer Maxx III

La transition vers 2028 se fait en douceur. Si tu as un vario-GPS moderne récent, il y a de fortes chances qu’il soit déjà compatible avec l’ADS-L via une simple mise à jour logicielle (firmware), car la puce d’émission interne est la même que pour le FLARM.

Si tu dois t’équiper ou renouveler ton matériel de cross, c’est le moment d’être stratégique.

Profiter de la subvention FLARM

Actuellement, pour encourager la sécurité passive en vol, des subventions (soutenues par l’OFAC via la FSVL) aident financièrement à l’achat d’un instrument équipé FLARM. Attention, tous les appareils du marché ne sont pas éligibles.

À l’heure actuelle, seules deux marques trustent les agréments pour ces subventions, et pour de bonnes raisons :

Vue sur le vario FLARM ADS-L Skytraxx 5
Skytraxx 5
  • XCTracer (Fabriqué en Suisse) : Leur technologie de capteurs sans aucun délai (zéro lag) est redoutable. Des appareils compacts, très robustes, à l’autonomie gigantesque et qui intègrent parfaitement FLARM et l’ADS-L. C’est notre outil préféré pour crosser. Le Maxx III pèse 150g et le Mini V pèse 46 grammes !

  • Skytraxx (Fabriqué en Allemagne) : Des instruments avec de très beaux écrans, une navigation hyper intuitive, FLARM et l’ADS-L inclus. le Skytraxx 5 pèse 200g.

En résumé

2028 ne va pas tuer nos vols du soir en string et aile montagne en espace G. En revanche, si tu as des ambitions de distance, investir dès aujourd’hui dans un instrument équipé FLARM et ADS-L est un choix de bon sens. Si je te cite spécifiquement XCTracer et Skytraxx, ce n’est pas pour te faire l’article de notre vitrine : c’est tout simplement parce que ce sont actuellement les deux seules marques du marché agréées pour bénéficier de la subvention à l’achat.

Bons vols, et garde les yeux grands ouverts en l’air (l’écran ne fait pas tout !)